« Où va nous ? » : un nouvel album pour les Wampas né de l’urgence et de l’énergie brute.
Le 9 avril 2026, Didier Wampas et sa bande investissent Lille avec leur nouvel opus, Où va nous ?, sous le bras.
Pour le leader du groupe, pas question de parler de stratégie ou de plan de carrière : chez les Wampas, on enregistre en live, on laisse carte blanche aux réalisateurs de clips et on ‘s’en tamponne le coquillard’ des étiquettes punk. À quelques jours de son concert nordiste, Didier s’est confié sur la genèse de ses nouveaux titres, son rapport instinctif à la scène et son souvenir impérissable de Lille… Entretien avec un artiste qui n’a qu’une seule motivation : vivre, tout simplement.
« L’étiquette punk et l’industrie musicale, on s’en tamponne le coquillard ! » — Didier Wampas
Propos recueillis par Céline Galant. Photos : Mathieu Ezan.
« Où va nous ? » sonne comme une interrogation à la fois naïve et existentielle. Quel est le message ou l’état d’esprit derrière cette faute de français volontaire ?
J’étais chez moi à faire des chansons et, pour changer, j’ai pris la basse. J’ai fait le riff principal et je me suis mis à chanter dessus. L’énergie brute que ça donnait m’a inspiré des paroles en lien avec ce que peut inspirer la situation géopolitique actuelle.
L’album est sorti début février, quel premier retour avez-vous des fans après ces quelques semaines ?
Les gens sont contents, les morceaux passent bien sur scène et l’album est bien reçu, j’ai l’impression.
Entre « Où va nous ? » et vos précédents projets, quelle est pour toi la plus grande différence en termes de composition ou d’énergie ?
En termes de composition, il n’y a aucune différence, je fais comme d’habitude. Je crois qu’on a mis la même énergie que d’habitude dans cet album. On l’a enregistré en live, en studio comme on fait tout le temps. C’est juste la magie, j’imagine. On ne peut pas savoir pourquoi il y a un disque qui sonne mieux qu’un autre, ou plus énergique. Ce ne sont pas les compos qui sont différentes, mais plutôt un mélange du producteur, du studio, du moment. On ne sait pas vraiment pourquoi, et tant mieux !
Les vidéos de « Où va nous ? » et « Les chansons sur toi » ont des univers marqués. Quelle importance accordes-tu à l’image pour accompagner ce nouveau projet ?
Je m’en fous un peu de l’image qu’on donne. On a fait des nouveaux clips parce qu’on nous a proposé d’en faire. J’ai commencé à écouter de la musique avant que les clips n’existent vraiment, donc pour moi l’image c’est un peu secondaire. Quand je fais une chanson, je ne me dis pas : « Tiens, qu’est-ce que ça donnerait en vidéo ? », par exemple. On a laissé carte blanche aux réalisateurs et on est tous les cinq très contents du résultat.
Quel est votre rapport particulier avec le public lillois ? Est-ce qu’il y a une énergie différente ici ?
Il est très bien, le public lillois. En vrai, il n’y a pas tant que ça de différence entre les publics. Quoique… dans l’Est et le Nord, c’est un peu similaire. En Bretagne, ce n’est pas le même que dans le Sud-Ouest. À Lille, ça se passe toujours bien. Sauf le jour où je suis tombé de scène ! La seule fois où je suis tombé, c’était à Lille ; tout le monde a flippé et moi aussi, mais ça ne se reproduira plus.
Comment allez-vous intégrer les nouveaux morceaux au milieu des classiques incontournables des Wampas ?
Ça se fait naturellement. D’abord, il faut choisir les morceaux qu’on va intégrer au set, car on ne peut pas faire tout l’album. Après, on voit sur scène comment ça se passe et ça aide à affiner le tri. Là, on a fait 15 concerts avec les nouveaux, donc ils commencent à être un peu rôdés. Ils sont très bien accueillis par le public et on est assez à l’aise pour les jouer, donc tout va bien.
Après tant d’années, qu’est-ce qui te donne encore l’envie de monter sur scène et de transpirer avec le public chaque soir ?
C’est tout ce que je sais faire ! C’est comme ça que je m’exprime : créer des chansons et les jouer sur scène devant des gens pour les partager avec eux. J’ai envie de vivre et c’est ça ma vie, donc voilà la motivation.
« Les chansons sur toi » semble très personnel. Est-ce que ce nouvel album est plus intimiste que les précédents ?
Cette chanson n’est pas très personnelle, bizarrement. On pourrait le croire, mais non. C’est peut-être pour ça que j’ai un peu de mal à me rappeler des paroles quand je la chante sur scène ! À la base, je n’avais pas choisi qu’elle soit sur l’album. Finalement, elle n’est pas si mal ! Quant aux autres morceaux, ils ne sont ni plus ni moins intimistes que d’habitude. J’essaie toujours d’être sincère et chacun y prend ce qu’il veut.
En 2026, est-ce que c’est toujours aussi « punk » d’être les Wampas dans l’industrie musicale actuelle ?
Oh là là, on ne se pose pas la question ! On s’en fout complètement. On fait ce qu’on a envie de faire, on crée nos chansons comme on l’a toujours fait. On a une nouvelle maison de disques qui nous a proposé de faire cet album. L’équipe travaille super bien et ils sont tous super sympas, ça nous suffit. L’étiquette punk et l’industrie musicale, on s’en tamponne le coquillard !
Si on suit le titre de l’album, vers où vont les Wampas après cette tournée ?
Continuer à faire ce qu’on a toujours fait. Essayer d’écrire de bonnes chansons, les enregistrer dans de bonnes conditions pour que ça sonne bien, et après, faire des concerts encore et encore.